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Two weeks without ingestion: a voluntary suspension of flows.
No audience, no gaze, only a body in closed circuit, observing its own systems.
Fasting as protocol: Halt intake to listen to internal transformations.
Slow down to perceive chemical, emotional, and rhythmic micro-variations.
An attempt at desynchronization against accumulation logics.
Consume less to alter combustion intensity.
The belly becomes an active site: enzymatic laboratory, fermentation chamber, sensitive interface. An organ where states are replayed, drift, repair, equilibrium.
Day after day, I heated, mixed, infused: soy wax, beeswax, vegetal and mineral substances with so-called curative properties. Wheatgrass, barley, alfalfa, parsley, basil, cacao, ginger, cinnamon, tulsi, moringa, Ceylon gooseberry, shilajit, essential oils. A hybrid pharmacopeia between nutrition and ritual, care and biochemical fiction.
Hour by hour, I molded my navel.
Slow, almost industrial repetition, yet unstable.
Each imprint records a variation a series of non-standardized units, as if multiple entities coexisted in one body.
The navel: vestige of a first supply network.
Scar interface, archive of original dependence.
These forms were laid on steel beams, themselves fixed to concrete bases.
Infrastructure materials for storage and circulation.
Functional architecture supporting logistics.
Between these soft imprints and rigid structures, tension persists: that of a body attempting self-regulation within systems designed to intensify consumption.
Deux semaines sans ingestion : une suspension volontaire des flux.
Pas de public, pas de regard, seulement un corps en circuit fermé, observant ses propres systèmes.
Le jeûne comme protocole : Stopper l’entrée pour écouter les transformations internes.
Ralentir jusqu’à percevoir les micro-variations chimiques, émotionnelles, rythmiques.
Une tentative de désynchronisation face aux logiques d’accumulation.
Consommer moins pour modifier l’intensité de combustion.
Le ventre devient un site actif : laboratoire enzymatique, chambre de fermentation, interface sensible. Un organe, où se rejouent des états, dérive, réparation, équilibre.
Chaque jour, j’ai chauffé, mélangé, infusé : cire de soja, cire d’abeille, substances végétales et minérales aux propriétés dites curatives. Herbe de blé, orge, luzerne, persil, basilic, cacao, gingembre, cannelle, tulsi, moringa, groseillier de Ceylan, shilajit, huiles essentielles. Une pharmacopée hybride, entre nutrition et rituel, entre soin et fiction biochimique.
Heure après heure, j’ai moulé mon nombril.
Répétition lente, presque industrielle, mais instable.
Chaque empreinte enregistre une variation, une série d’unités non standardisées, comme si plusieurs entités coexistaient dans un même corps.
Le nombril : vestige d’un premier réseau d’approvisionnement.
Interface cicatricielle, archive d’une dépendance initiale.
Ces formes ont été déposées sur des poutrelles d’acier, elles-mêmes fixées sur des socles de béton.
Matériaux d’infrastructure, de stockage, de circulation.
Une architecture fonctionnelle qui soutient la logistique.
Entre les empreintes molles et ces structures rigides, une tension persiste : celle d’un corps qui tente de se réguler au sein de systèmes conçus pour intensifier la consommation.





